La presse et Brundibár

Photo : Chantal Galiana

Pour monter cet opéra pas comme les autres, Chantal Galiana a fait appel au chœur d’enfants du CNR d’Aubervilliers-La Courneuve. Cette chorale cosmopolite symbolise à la perfection l’innocence de l’enfance face aux horreurs et au racisme dont est capable le monde des adultes. A la foi gai et grave, ce spectacle subjugue les tout petits comme les grands. Authentique, compréhensible et accessible à tous, Brundibár esun hommage bien vivant aux 15 000 enfants martyrs de Terezin.

Création - Alain Spira

 

Un plateau dominé par la force du chœur d’enfants sans que s’installe pour autant un quelconque sentiment de statisme.

La dimension musicale est donc au coeur de l’entreprise, comme le montre le prologue chanté par Chantal Galiana composé de mélodies de Dvorak et puisées dans l’exil français de Kurt Weill.

La naïveté et l’innocence à l’état pur, pendant que les enfants dénouent les cordes de linge blanc, redonnent vie à des silhouettes de carton à dimension humaine, symbole d’une humanité piétinée. La dimension du souvenir est divulguée dans une efficace sobriété. Une réussite totale. les différentes salles de banlieue qui accueillent ce spectacle, devraient frémir d’émotion. La lettre du musicien

Pascal Huynh

 

Chantal Galiana qui s’est déjà distinguée dans les Concerts Salades et des récitals de mélodies sur des poèmes de Robert Desnos, a adapté en français Brundibár... Brundibár. revit grâce à la mise en scène subtile d’Hervé Lelardoux.

Le monde de la musique - Franck Mallet

 

Sans pathos ni effets dramatiques, le spectacle se déroule comme si l’on tournait les pages d’un livre d’histoire. A plus de 60 ans de distance, les 26 enfants du choeur découvrent peu à peu leur alter ego, cette figurine au visage sombre qu’ils déposent au pied des musiciens... Scénographie généreuse et imaginative. L’unité de ton est remarquable et un sentiments de

paix traverse toute la pièce... Peut-être la réponse la plus intelligente pour fustiger le drame d’une dictature.

L’Alsace

 

D’une très réaliste tristesse et gravité, les silhouettes peintes par Béatrice Turquand d’Auzay annoncent la couleur presque indéfinissable.

A la gaieté des enfants du chœur, répondront ces effigies dispersées sur la scène, manipulées par les jeunes choristes, presque religieusement, et réunies en une dramatique photo de

classe. Étonnante synergie entre tous ces protagonistes qui restituent une atmosphère particulière de joie teintée de désespoir.

Les dernières nouvelles d’Alsace

 

 

Sans bruit, sans fureur, le spectacle éveille les consciences et dépasse par son inscription dans les moments les plus cruels de l’histoire la simple notion de citoyenneté.

Cassandre - Carole Boulbes

 

On ne peut qu’approuver Chantal Galiana qui donne une version du livret original. Inspirée par l’art de Dürer et Kubin et les visions de Kafka et Schulz, Béatrice Turquand d’Auzay qui a conçu les costumes, les silhouettes et le décor de Brundibár n’a pas oublié le destin particulier de l’oeuvre.

Libération - Franck Mallet