Brundibar : la découverte

                                                          Photo : Chantal Galiana

C'est grâce à Robert Desnos que j'ai découvert BRUNDIBAR et Robert Desnos, c'est grâce à Jacques Vincey et à Elisabeth Wiener que je l'ai lu et aimé.
Jacques m’a d'abord offert un livre, La Liberté ou l'amour. Peu de temps après, il m'a proposé de jouer le rôle d’Athénaïs dans La place de l’Etoile.
Quand à Elisabeth, elle m'a donné un très beau recueil des Chantefables pour enfants sages, 30 poèmes sur les animaux mis en musique par son père Jean Wiener.

J'ai de suite aimé le poète et puis petit à petit je me suis attaché à la personne. 

Robert Desnos est né à Paris en 1900 et il est mort à Terezin, en 1945. Et c'est pour cette raison j’ai écouté un jour une émission de radio sur Terezin. Je ne savais rien de l'histoire de ce camp et tout ce que j'apprenais me bouleversait mais lorsque j'ai entendu Brundibar et plus exactement la berceuse, juste avant le final j'ai su qu' une grande histoire entre cet opéra et moi venait de commencer. je n'avais jamais rien fait de tel auparavant et je ne savais pas du tout comment  m'y prendre mais je n’ai pas réfléchi.

C’était comme une urgence. C’était obligatoire !

 

J’ai associé immédiatement Béatrice Turquand d'Auzay à ce projet qui a dit oui sans hésiter. Pour tout le reste il a fallu du temps.

J’ai mis près de deux ans à trouver la production. En décembre 1995 il neigeait et il y avait la grève J’allais à tous mes rendez vous à pieds.

Dans le même temps je cherchais quelqu'un pour la mise en scène

car je ne voulais pas la faire.

 

Lorsque j’ai fait la proposition à Hervé Lelardoux il a hésité.
Alors je lui ai raconté un extrait du film de Charles Laughton, La nuit du chasseur : deux enfants en danger fuient à bord d’une barque et glissent sur l’eau. La nuit tombe. ils sont éclairés par la lune...les animaux de la nuit s’éveillent. Le garçon s’endort la !llette tient sa poupée... elle entend une chanson... once upon a time...

Et puis, il a vu le travail de Béatrice alors il a compris qu’on ne lui demanderai pas de déguiser des enfants en chat ou en chien....

Jean-Claude Fall a été le premier a croire en ce projet. Il m’a proposé le TGP pour la création mais il voulait que l’opéra soit chanté en français. J’ai donc commandé une traduction du livret à Alena Sluneckova et à Alena Obertelova. Puis je l’ai adaptée en travaillant avec la musique et je reconnais que j’ai pris pas mal de libertés. 

Rebecca Pauly qui s’occupait du jeune public au TGP m’aidait beaucoup. Et puis grâce à Agnes Celerier nous sommes allées à l’IFOB (ïle de France Opéra et Ballet) rencontrer la directrice, Caroline Sonrier qui elle aussi eu un coup de coeur ...  A partir de ce jour tout s'est enchainé très vite.